La semaine dernière, plusieurs officiers des forces armées ont été arrêtés au Burkina Faso, soupçonnés d’avoir préparé un coup d’État. C’est ce qu’a rapporté la radio française RFI, citant des sources au sein des services de sécurité.
Parmi les personnes interpellées figure le juge militaire Frédéric Ouédraogo, ancien commandant du bataillon de la justice militaire. Il menait une enquête sur la mort par balle du commandant Ismaël Touhogobou en octobre 2023. Ce dernier était lui-même soupçonné d’être lié à une tentative de coup d’État.
Le capitaine Elysée Tassembedo, surnommé le « libérateur de Sebba », commandant du Groupement des forces de sécurisation du secteur nord basé à Ouahigouya, a été arrêté à Ouagadougou alors qu’il participait à une réunion à l’état-major.
Le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, a déjà nommé de nouveaux officiers pour remplacer ceux arrêtés. Le nombre exact des personnes interpellées n’a pas été communiqué. Des soupçons pèsent également sur d’anciens officiers précédemment exclus de l’armée. Selon les sources de RFI, la situation au sein des forces armées burkinabè reste tendue.
Pendant 9 mois, le commandant Joanny Compaoré aura largement eu le temps de pomper les caisses de la SONABHY à tel point que l’officier supérieur, même en exil, peut aisément s’acheter un coup d’Etat contre le « tombeur » de son ancien patron. Limogé le 18 janvier 2023 puis radié le 6 décembre 2024 des rangs de l’armée burkinabè, l’officier supérieur a récemment amadoué des soldats avec 25 milliards de francs CFA pour renverser le capitaine Ibrahim Traoré. La tentative de déstabilisation a pris un coup d’échec et plusieurs soldats et officiers sont mis aux arrêts par le Gouvernement de Ouagadougou.
Un homme de l’ombre, ancien proche de Damiba
C’est un nom bien connu qui refait surface : le commandant Joanny Compaoré, ex- militaire et ex-DG de la SONABHY. L’homme figuraient sur la liste noire de la junte avec ses frères d’armes comme Roméo Ouoba, ancien commandant des Forces spéciales et 113 autres anciens dignitaires. Il a dirigé la nationale des hydrocarbures de décembre 2022 à septembre 2023. Nommé par le Conseil des ministres, il remplaçait alors l’ancien ministre Alpha Oumar Dissa.
Proche de Paul-Henri Damiba, Compaoré aurait profité de sa position stratégique pour détourner des fonds. Selon des sources sécuritaires, il aurait amassé plusieurs milliards de francs CFA, montant qui lui aurait permis de recruter des soldats et de financer une tentative de renversement du régime en place. Radié de l’armée le 6 décembre 2024 pour absence irrégulière, l’homme aurait orchestré ce complot depuis l’extérieur du pays tentant de manipuler plusieurs officiers pour passer à l’acte.
A cet acte, d’autres sources citent implicitement l’actuel chef de cabinet du président du Faso ainsi que le chef d’état-major qui seraient mêlés à l’affaire et auraient reçu 25 milliards de Francs et des armes venant de la France pour fomenter le coup d’Etat. Une mobilisation spontanée du peuple burkinabè a permis de rassurer la junte du MPSR2. Un communiqué sans détails fins a donné par le Gouvernement et précise que d’anciens ministres, terroristes et exilés au Ghana et en Côte d’Ivoire, y sont impliqués.
Une série d’arrestations dans les rangs de l’armée
Cette tentative échouée s’est soldée par l’interpellation de plusieurs militaires, dont des figures clés. Parmi elles, le magistrat-commandant Frédéric Ouédraogo, ancien chef de la justice militaire, et le capitaine Elysée Tassembedo, basé à Ouahigouya. Deux autres officiers du Bataillon d’intervention rapide (BIR) sont également détenus. Tous
En septembre 2023, un coup d’État avait été déjoué par les services de sécurité et de renseignement. Le complot, orchestré par des militaires et des officiers, avait conduit à l’arrestation de quatre personnes, tandis que deux autres étaient en fuite.
En septembre 2024, le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, Mahamadou Sana, avait déclaré à la télévision nationale que des civils et militaires burkinabè résidant en Côte d’Ivoire avaient tenté à plusieurs reprises de déstabiliser les institutions du pays sahélien avec l’appui de puissances étrangères.


