Les premières indemnisations de victimes du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry ont eu lieu à l’occasion d’une cérémonie organisée mardi 13 mai dans la capitale guinéenne. Le 26 mars dernier, les autorités avaient décrété que les sommes seraient prélevées sur le budget de l’État, les coupables étant dans l’incapacité de régler les réparations auxquelles ils ont été condamnés.
Dans la grande salle de la cour d’appel de la capitale guinéenne – là même où s’était déroulé le procès du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry -, l’heure est au soulagement et à l’émotion, mardi 13 mai. À la cérémonie de remise des premières indemnisations de victimes, celles qui sont présentes sont en pleurs quand le ministre de la Justice, Yaya Kairaba Kaba, prend la parole pour annoncer solennellement : « Nous sommes réunis pour mettre à exécution le contenu de ce décret et donner aux victimes des chèques correspondant au montant fixé et déterminé par la décision judiciaire ».
À l’issue d’une remise de chèques très symbolique en présence de plusieurs membres du gouvernement, Asmaou Diallo, la présidente d’Avipa, l’association des victimes du massacre du 28 septembre 2009, se félicite, elle, d’être enfin arrivée au terme d’un long combat. « Aujourd’hui, je peux pousser un ouf de soulagement. Durant ces 15 dernières années, j’ai longtemps cru qu’on n’y arriverait pas mais aujourd’hui c’est fait ! Je suis très heureuse d’avoir assisté à cette première remise d’indemnisation et je prie le bon Dieu de pouvoir en voir la fin », a-t-elle notamment déclaré.
La procédure d’indemnisation ne fait effectivement que commencer puisqu’au cours des prochaines semaines, plus de 300 personnes doivent recevoir les réparations qu’elles attendent depuis si longtemps. Le décret prévoyant que l’indemnisation des victimes serait prélevée sur le budget de l’État guinéen remonte au 26 mars dernier, deux jours avant l’annonce de la grâce de Moussa Dadis Camara, l’ancien dirigeant guinéen condamné en juillet 2024 pour crimes contre l’humanité dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009, par le chef de la junte au pouvoir, le général Mamadi Doumbouya.


