Après avoir détruit une quinzaine de bombardiers stratégiques en Russie, le 1er juin, l’Ukraine maintient la pression sur l’armée de l’air russe. Les services de renseignement ukrainiens ont annoncé avoir piraté le célèbre constructeur aéronautique Tupolev, mercredi 4 juin. L’opération aurait permis à Kiev d’accéder à plus de 4 Go de données internes.
L’entreprise Tupolev est notamment réputée pour ses bombardiers à long rayon d’action, porteurs de l’arme nucléaire. Si l’intégralité des fichiers mis au jour n’ont pas été diffusés publiquement, certains circulent déjà sur les réseaux sociaux. Plusieurs comptes proches des renseignements ukrainiens ont diffusé certains de ces documents sur Telegram, notamment plusieurs CV de cadres haut placés, des comptes rendus d’assemblée générale, mais aussi des factures adressées à des fournisseurs.
À en croire les hackers ukrainiens, Kiev aurait ainsi obtenu des informations cruciales sur les personnes impliquées dans l’aviation stratégique russe. Des sources ukrainiennes évoquent des données importantes sur l’entretien des Tupolev-95 et 160. Ces bombardiers, qui ne sont plus fabriqués aujourd’hui, assurent une partie de la dissuasion nucléaire aéroportée du Kremlin.
À ce stade, l’intérêt stratégique de ces documents reste à vérifier, d’autant que certaines informations sont accessibles en sources ouvertes. Quoi qu’il en soit, après avoir détruit une quinzaine d’appareils sur le sol russe avec une attaque de drones et réussi a frappé le pont de Kertch en Crimée, l’Ukraine envoie à nouveau un signal fort. Reste à savoir si cette séquence permettra à l’Ukraine de muscler son jeu dans les négociations en cours avec la Russie.


