La capitale guinéenne accueille ce mardi 24 et mercredi 25 juin 2025 un colloque international consacré au financement du développement local à partir des ressources minières et l’Assemblée Générale du Réseau des Institutions Africaines de Financement des Collectivités (RIAFCO)
Organisée par l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales (ANAFIC) en collaboration avec RIAFCO, cette rencontre réunit une cinquantaine de participants, dont des représentants de collectivités locales, des institutions financières africaines, des partenaires techniques et financiers ainsi que des experts du développement territorial.
Pour Sékou Mawa Touré, Directeur général de l’ANAFIC, la Guinée est confrontée à une contradiction profonde : pays aux richesses minières immenses, scandale géologique mais où les retombées réelles pour les collectivités locales sont longtemps restées infimes. Il plaide pour une gestion responsable et rigoureuse des fonds issus de l’exploitation minière, en conformité avec les textes en vigueur
« L‘ANAFIC, en tant qu’acteur central du financement du développement local, s’engage à jouer un rôle stratégique dans la mobilisation des ressources financières générées par le programme Simandou. Nous accompagnons les communes impactées et coordonnons les projets locaux.
Nous sommes convaincus que la gestion transparente, responsable et efficace de ce fonds peut transformer les défis posés par l’exploitation minière en opportunités de développement durable pour nos collectivités locales.
L’ANAFIC réitère son engagement, avec le soutien de tout le gouvernement et du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), à mettre en œuvre ce projet avec rigueur et intégrité, en collaboration étroite avec toutes les parties prenantes, notamment le ministère des Mines et de la Géologie, et dans le strict respect des textes législatifs et réglementaires en vigueur, au bénéfice de nos populations », a déclaré le Directeur général de l’ANAFIC.
Quant au Ministre des Mines, Bouna Sylla a salué l’initiative du colloque, qu’il considère comme une étape clé pour inscrire la Guinée dans une dynamique inspirée de modèles réussis : « Ce que l’Arabie Saoudite et les Émirats ont fait avec leurs hydrocarbures, la Guinée doit pouvoir le faire avec ses ressources minières. Ce colloque doit ouvrir une nouvelle ère de transformation des richesses minières en capital humain ».
Le ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le Général Ibrahima Kalil Condé, Président de la cérémonie d’ouverture des travaux, a dressé un constat sans détour : « Ce paradoxe interpelle notre conscience collective. Il nous appelle à repenser en profondeur les modèles de gouvernance minière et à garantir une meilleure distribution des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles. » a-t-il déclaré
Il a ensuite mentionné quelques réformes engagées par la Guinée depuis 2021, sous l’égide du Président du CNRD, avec comme piliers la décentralisation et l’utilisation structurée des ressources minières, notamment à travers le Fonds National de Développement Local (FNDL) et le Fonds de Développement Économique Local (FODEL), pilotés par l’ANAFIC.
Ce colloque se veut donc plus qu’un espace de discussion : un cadre de formulation de solutions concrètes pour que, selon les mots du ministre Ibrahima Kalil Condé, « les ressources minières cessent d’alimenter la frustration des populations impactées et deviennent des catalyseurs d’équité, de prospérité locale et de stabilité sociale ».
Les deux journées de colloque prévoient plusieurs sessions stratégiques :
- Des conférences thématiques sur la fiscalité minière, le financement local, l’économie verte et l’inclusion sociale ;
- Des échanges d’expériences, avec une immersion dans une commune accompagnée par l’ANAFIC ;
- L’adoption d’une fiche thématique sur la mobilisation des ressources naturelles ;
- La révision des documents de gouvernance du RIAFCO et l’élection d’un nouveau bureau lors de l’Assemblée Générale Ordinaire Élective.
Précisons que des délégations sont venues de 14 pays africains dont le Burundi, le Burkina Faso, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Madagascar, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Tunisie. Un symbole fort de la volonté commune de faire des ressources naturelles un socle pour de développement territorial.
GAKO


