Assurément certains silences tuent plus que des balles. Tout comme l’absence de réaction des institutions équivaut à une complicité. Le Togo, depuis des décennies, vit sous le joug d’un pouvoir monarchique déguisé en démocratie. Et pourtant, personne ne s’en indigne. Faure Gnassingbé, fils de Gnassingbé Eyadema, règne sans partage sur un peuple qui n’a connu que la peur, la répression et la confiscation du destin collectif.
Les manifestations pacifiques y sont matées dans le sang. Les voix discordantes sont traquées, étouffées, emprisonnées. Les élections sont des parodies qui obéissent plus aux équilibres d’un clan qu’à la volonté populaire. Mais que fait la CEDEAO ? Que dit l’Union africaine ? Rien, ou presque. Leur silence est un choix. Leur inaction est une posture. Pire encore, certaines de leurs prises de position bénissent, au nom de la “stabilité”, cette régression démocratique qui insulte la mémoire des luttes africaines pour la liberté.
Et l’ONU ? L’institution qui devrait incarner les idéaux universels de justice et de paix se lave les mains comme Ponce Pilate. Peu importe les cris étouffés, les libertés piétinées, les droits violés, tant que le président en place respecte les formes, les diplomates ferment les yeux. On préfère la gestion cynique des apparences à la défense des principes.
Ce mutisme international face à la dérive togolaise est une honte collective. Car pendant qu’on parle de “bonne gouvernance” dans les forums, qu’on organise des colloques sur la démocratie, un peuple souffre dans l’ombre, privé du droit le plus élémentaire : choisir librement ses dirigeants.
L’Afrique ne pourra jamais se relever si elle continue d’applaudir les bourreaux et d’ignorer les cris des victimes. Et tant que les grandes institutions internationales resteront enfermées dans un poncepilatisme diplomatique, les Faure, les Ouattara et autres, oints du subterfuge de la démocratie, pourront dormir tranquilles… sur les ruines de la dignité de leurs peuples.
ASMACO


