Le journaliste Malien, Seydou Oumar Traoré, directeur général de la Radio Baoulé au Mali a été reconnu coupable ce lundi 14 juillet des faits d’offense envers un chef d’État étranger en l’occurrence le Général Mamadi Doumbouya de Guinée et condamné à 6 mois de prison ferme et une amende de 1 million de Franc Cfa par le Pôle National de Lutte contre la Cybercriminalité.
En effet, Seydou Oumar Traoré a été interpellé le dimanche 25 mai, quelques heures après son retour d’une mission à Kidal aux côtés d’une délégation officielle conduite par le ministre de la Défense. Poursuivi pour « offense commise publiquement envers un chef d’État étranger », une infraction prévue à l’article 147 du Code pénal malien, il a été placé sous mandat de dépôt, depuis lundi 26 mai 2025 en attendant de son procès prévu le 10 juillet 2025.
Selon plusieurs sources judiciaires recoupées, l’interpellation du journaliste Seydou Oumar Traoré est intervenue à sa descente d’avion à l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako, aux environs de 10h. Le journaliste venait de passer plusieurs jours à Kidal dans le cadre d’une mission de couverture des activités militaires dans le nord du pays.
Cette procédure judiciaire fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux, d’une vidéo d’un peu plus de 3 minutes dans laquelle le journaliste condamné abordait les liens supposés entre les autorités guinéennes et des groupes armés opérant dans le nord du Mali.
Il aurait accusé la Guinée de servir de base arrière à des groupes armés hostiles au Mali, mettant en cause des responsables militaires guinéens, dont le général Mamady Doumbouya, président de la République de Guinée.
Dans une déclaration publique depuis Kidal, M. Traoré a par la suite présenté ses excuses, indiquant que ses propos avaient été « mal compris » et « sortis de leur contexte ».
Une infraction prévue par le Code pénal malien
L’article 147 du Code pénal malien, en sa version consolidée, dispose que :
« Quiconque, par l’un des moyens énoncés à l’article 46, aura offensé le Chef de l’État ou un chef d’État étranger, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 50 000 à 600 000 francs CFA ».
C’est sur cette base que le parquet a requis son placement sous mandat de dépôt, confié au Tribunal de lutte contre la cybercriminalité, compétent en matière de contenus diffusés par voie numérique.
L’affaire intervient alors que la Guinée et le Mali entretiennent des relations sensibles dans un contexte de transitions politiques simultanées. Le 24 mai, des associations coutumières guinéennes basées au Mali avaient rencontré les autorités diplomatiques guinéennes afin de désamorcer la tension née des propos du journaliste. À l’issue de cette rencontre, un apaisement semblait acquis.
Grégoire ANKOU
