
Le mercredi 3 septembre 2025, le tribunal de première instance (TPI) de Coyah a été le théâtre de l’ouverture du procès très médiatisé de Mohamed Seydou Bangoura, plus connu sous le nom de Singleton, surnommé “l’insulteur public”. L’artiste guinéen est poursuivi pour homicide involontaire suite à un accident de la route survenu le 28 août 2025 sur l’axe Forécariah, ayant coûté la vie à Mohamed Lamine Traoré, un septuagénaire. Ce drame, qui a bouleversé l’opinion publique, met en lumière la rigueur de la justice guinéenne face aux délits routiers graves, même lorsqu’ils impliquent des figures publiques.
Un accident tragique à l’origine de l’affaire
Le 28 août 2025, Singleton, au volant de son véhicule, est impliqué dans un accident mortel sur la route de Forécariah. La victime, Mohamed Lamine Traoré, décède des suites de la collision. Rapidement, une enquête est ouverte à la suite de la plainte déposée par la famille du défunt. Les investigations, incluant une reconstitution des faits, confirment les circonstances de l’accident, conduisant à l’inculpation de l’artiste pour homicide involontaire, un délit prévu et réprimé par les articles 216 et 217 du Code pénal guinéen. S’il est reconnu coupable, Singleton risque une peine de 1 à 5 ans de prison, assortie d’amendes conséquentes.
Une audience sous haute tension
Le 3 septembre 2025, à 10h25, Singleton arrive au TPI de Coyah sous une forte escorte de la gendarmerie. Vêtu de blanc, l’artiste apparaît dans une salle d’audience bondée, reflet de l’immense intérêt suscité par cette affaire. La présence de la famille de la victime, constituée partie civile et représentée par Me Salif Béavogui, un pénaliste renommé, ajoute à la gravité de l’instant. L’ambiance est lourde, marquée par l’émotion et l’attente d’une issue juste.
À la barre, Singleton ne nie pas les faits. Avec une voix empreinte de remords, il s’adresse à la famille Traoré, à la justice guinéenne et à l’ensemble de la nation : “Je demande pardon… je ne l’ai pas fait exprès.” Dans un geste de contrition, il annonce son intention de solliciter officiellement le pardon du président de la République, tout en exprimant son désir de réparer les torts causés. Ces déclarations, chargées d’émotion, ne suffisent toutefois pas à apaiser la douleur de la famille de la victime, qui suit le procès de près et exige justice.
Une justice implacable face aux délits routiers
Le substitut du procureur de Coyah a rappelé la gravité des faits, qualifiés de délit d’homicide involontaire. Il a souligné l’engagement de la justice guinéenne à poursuivre rigoureusement toute infraction pénale, dans le but de préserver l’ordre public, la paix sociale et les droits des victimes. Après l’accident, Singleton a été placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Coyah, où il attend la suite de son procès.
Une affaire qui interpelle l’opinion publique
Ce procès, au-delà de son aspect judiciaire, revêt une dimension symbolique. Il met en lumière la responsabilité des personnalités publiques et les conséquences de leurs actes, même involontaires. La forte affluence dans la salle d’audience et l’intérêt médiatique témoignent de l’impact de cette affaire sur la société guinéenne. Alors que le procès se poursuit, les regards restent tournés vers le TPI de Coyah, où se joue un moment clé pour la justice et la conscience collective.
Lansana DAFFE, pour Selya224info.com