
Kagbelen, le 22 octobre 2025 Une vive manifestation a éclaté ce matin au marché de Tôbolon, situé dans le quartier Tôbolon 1, commune de Kagbelen. Des dizaines de femmes commerçantes, excédées par les menaces pesant sur leur lieu de travail, ont bloqué les accès et scandé des slogans pour dénoncer ce qu’elles qualifient de tentative de vente forcée de leur marché. Cette mobilisation fait suite à une série d’événements jugés suspects, qui ont semé l’inquiétude parmi les vendeuses.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, tout a commencé il y a quelques jours avec la visite d’individus inconnus se présentant comme chargés du “recasement” des marchandes. Ces visiteurs, dont l’identité et les motivations demeurent floues, ont été suivis peu après par un groupe venu mesurer les dimensions du site.
« Ils nous ont dit que c’était la commune qui allait reconstruire le marché », explique la présidente du marché, visiblement déterminée à défendre les intérêts de ses consœurs.
Cependant, les commerçantes rejettent catégoriquement cette idée de reconstruction.
Madame Barry, adjointe à la présidente, a précisé leur position lors d’une rencontre avec les autorités communales :
« Nous avons clairement dit à la commune que nous n’avons pas besoin d’une reconstruction. Nos besoins prioritaires sont ailleurs : nous manquons cruellement d’infrastructures de base comme des toilettes décentes, un service de sécurité fiable et un système d’assainissement pour maintenir la propreté du site. »

Ces revendications traduisent les conditions précaires dans lesquelles travaillent ces femmes, qui dépendent entièrement de ce marché pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Parmi les manifestantes, les femmes âgées du marché ont particulièrement ému la foule. En larmes, elles ont lancé un appel pressant à l’État guinéen pour une intervention rapide, accusant une possible complicité entre l’ancien chef de quartier de Tôbolon et le vice-maire de Kagbelen.
«C’est une machination pour nous déposséder de notre marché ! Nous demandons à l’État de nous protéger et de faire la lumière sur cette affaire », ont-elles clamé.
La manifestation, bien que tendue, s’est déroulée dans le calme. Elle met en lumière les tensions persistantes autour de la gestion des espaces publics en zone urbaine. Les autorités communales n’ont pas encore réagi officiellement, mais les marchandes promettent de maintenir la pression jusqu’à obtenir des garanties claires sur l’avenir de leur marché.
Reportage signé : Mohamed Touré